Que veut dire être sédentaire ?

La sédentarité est un enjeu majeur de santé publique à l'échelle mondiale. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle se classe parmi les principales causes de décès prématurés, avec 31 % de la population mondiale concernée qui ne respecte pas les recommandations en matière d'activité physique. Ce constat plus que préoccupant souligne l'importance grandissante de sensibiliser la population sur les comportements sédentaires et de promouvoir des modes de vie plus actifs pour en contrer les risques sanitaires.

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Définition : qu'est-ce que la sédentarité ?

Selon Santé Publique France, la sédentarité se définit “par un état d’éveil où la dépense en calories équivaut à celle du repos en position assise ou allongée, en excluant le temps de sommeil“. Cela concerne les périodes passées en position sédentaire, que ce soit au travail, à l’école, pendant les trajets en transports motorisés ou durant les loisirs, par exemple le temps passé devant les écrans.

En termes techniques, la sédentarité correspond à une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 MET (Metabolic Equivalent of Task), la mesure d’intensité d’activité physique utilisée pour évaluer la dépense énergétique. L’échelle du MET, qui varie de 0,9 à 16, permet de quantifier les niveaux d’activité. Cette notion sert notamment de base pour les politiques de santé publique et l’orientation des programmes d’activités physiques.

Comment savoir si l'on est inactif ou sédentaire ?

L’évaluation de l’inactivité physique vs la sédentarité repose sur des nuances capitales. L’activité physique comprend toutes les activités quotidiennes, qu’elles se déroulent au travail, lors des déplacements, à la maison ou durant les loisirs. L’inactivité physique se définit par une insuffisance d’activité d’intensité modérée à élevée sous le seuil recommandé de 150 minutes par semaine, soit 30 minutes par jour au moins cinq fois par semaine. 

Être sédentaire signifie que la dépense énergétique est faible en position assise ou allongée, en excluant le sommeil. Elle englobe donc des nombreuses activités du quotidien comme regarder la télévision, travailler sur un ordinateur ou être en voiture. On peut de ce fait être tout à fait sédentaire même en étant actif : pratiquer de l’exercice physique plusieurs fois par semaine ne garantit pas une absence de longues périodes passées assis, notamment au bureau. 

De même, être inactif ne signifie pas nécessairement être fortement sédentaire, si l’on effectue par exemple un travail dans lequel de nombreux et fréquents mouvements corporels sont réalisés.

Comment savoir si une posture de travail est sédentaire ?

Selon l’INRS, une posture de travail est considérée comme sédentaire lorsque trois critères spécifiques convergent. Premièrement, ce type de posture implique une position assise pendant l’exécution des tâches professionnelles. 

Deuxièmement, l’activité effectuée engendre un niveau insuffisant de dépense énergétique, mesurée à l’aide de l’indicateur MET. Une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 fois la valeur de la dépense énergétique de repos (équivalant au minimum nécessaire au fonctionnement des organes au repos durant le sommeil) caractérise cette faible dépense énergétique associée aux postures sédentaires. 

Enfin, la troisième condition est le maintien dans le temps de cette posture. Cela englobe à la fois la durée de chaque période en posture sédentaire sans interruption et la durée cumulée quotidienne de ces périodes. Ces deux dimensions temporelles contribuent à l’apparition délétère des effets sur la santé liés aux postures sédentaires.

Peut-on être considéré comme à la fois sportif et sédentaire ?

Tout comme on peut être actif et sédentaire, on peut aussi être considéré à la fois sportif et sédentaire. Cela peut sembler paradoxal, mais cette dualité est possible dans certaines situations !

En effet, une personne peut adopter une pratique sportive intense pendant des périodes définies, respectant ainsi les recommandations en matière d’activité physique. Cependant, en dehors de ces sessions d’entraînement, elle peut maintenir une position assise prolongée au travail ou durant les loisirs, augmentant ainsi son temps d’activité sédentaire. Cette coexistence entre une pratique sportive régulière et des comportements sédentaires prolongés peut influencer les facteurs de risque associés à la sédentarité, malgré l’engagement dans des activités physiques plus intenses.

Cette dualité souligne l’importance d’évaluer non seulement le niveau d’activité physique, mais également le temps de sédentarité dans la gestion des enjeux de santé liés à la sédentarité et la promotion d’un mode de vie actif. Cette nuance est indispensable pour prévenir les pathologies chroniques liées à la sédentarité (diabète de type 2, obésité, mortalité précoce, embolies pulmonaires, etc) et favoriser une bonne santé globale.

Qui est concerné par la sédentarité ?

Enfants, adolescents, personnes âgées et population active, la sédentarité touche une vaste part de la population générale. Ce mode de vie sédentaire ne se limite pas à une tranche spécifique de la société, il concerne diverses sphères d’activités et des modes de vie variés.

Les personnes occupant des activités professionnelles sédentaires qui passent de longues heures en position assise au bureau, accumulent ainsi un temps de sédentarité notable. De même, celles qui utilisent les modes de transports comme la voiture ou le métro pour leurs déplacements sont susceptibles de subir une sédentarité logiquement plus élevée.

Les populations sédentaires englobent aussi les individus qui consacrent leur temps libre à des activités sédentaires, comme les loisirs axés sur les jeux vidéo ou les périodes prolongées passées en position assise devant des écrans. Cette tendance à la sédentarité peut toucher des individus de tout âge, impliquant même les enfants et les adolescents.

En effet, selon l’ANSES, parmi les jeunes de 11 à 17 ans :

  • 66 % présentent un risque sanitaire préoccupant, avec plus de 2 heures d’écran et moins de 60 minutes d’activité physique par jour.
  • 49 % affichent un risque très élevé, avec plus de 4 h 30 d’écran et/ou moins de 20 minutes d’activité physique, dont 17 % sont particulièrement exposés à une forte sédentarité et inactivité.

Chez les adultes, les statistiques sont tout aussi inquiétantes :

  • 47 % des femmes et 29 % des hommes sont physiquement inactifs.
  • 80 % passent plus de trois heures quotidiennes devant un écran hors travail.
  • En moyenne, les adultes passent 12 heures par jour assis en travaillant et neuf heures lors des jours non travaillés.
  • Seuls 70,6 % des hommes et 52,7 % des femmes atteignent les recommandations en matière d’activité physique.

La sédentarité, souvent perçue comme inhérente aux modes de vie contemporains, impose des défis significatifs en matière d’ergonomie. Encourager des postures dynamiques, des pauses actives et une intégration fluide de l’activité physique dans les routines quotidiennes devient une mission essentielle pour prévenir les risques de santé liés à la sédentarité.

En adoptant une démarche proactive, en repensant les environnements de travail et en intégrant des solutions ergonomiques favorisant le mouvement, les ergonomes et les employeurs ont, comme les pouvoirs publics, un rôle à jouer pour cultiver des modes de vie plus actifs !

 

Sources : 

https://www.emro.who.int/fr/noncommunicable-diseases/causes/physical-inactivity.html

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-08/guide_connaissance_ap_sedentarite_vf.pdf

https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/activite-physique-et-sante

https://www.inrs.fr/risques/postures-sedentaires/definition.html

https://www.anses.fr/fr/content/inactivité-physique-et-sédentarité-chez-les-jeunes-l’anses-alerte-les-pouvoirs-publics.