Table des matières
En résumé :
- Les TMS de l’épaule font partie des troubles possibles chez les travailleurs sur écran, en particulier lorsque le poste est mal réglé ou que les postures sont prolongées.
- Mal pris en charge, ils évoluent silencieusement vers des troubles chroniques invalidants et coûtent chers aux employeurs.
- Trois réglages ergonomiques importants permettent de réduire nettement le risque, à compléter par des pauses, de l’alternance des tâches et une organisation adaptée.
TMS de l'épaule : de quoi parle-t-on exactement ?
Les TMS sont des atteintes de l’appareil locomoteur qui touchent principalement les muscles, les tendons et les articulations, et se manifestent par des douleurs, raideurs ou pertes de force, principalement au niveau du cou, des épaules, des coudes et des poignets.
L’épaule fait partie des localisations fréquemment concernées par les TMS reconnus, notamment dans le cadre du tableau 57 du régime général consacré aux affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail.
À ne pas confondre avec d’autres TMS du membre supérieur comme le syndrome du canal carpien (poignet) ou l’épicondylite (coude), les TMS de l’épaule ont leurs propres mécanismes, leurs propres pathologies et leurs propres facteurs de risque !
Pourquoi les salariés sur écran sont particulièrement exposés ?
Le travail sur écran peut provoquer des douleurs du cou, des épaules et des membres supérieurs lorsque la posture est prolongée ou mal adaptée. En voici les principales causes :
Postures et gestes à risque au poste informatique
Épaules légèrement remontées, bras tendus vers une souris trop éloignée, avant-bras sans appui sur le plan de travail… ces postures statiques génèrent une tension musculaire chronique sur la ceinture scapulaire.
Sans récupération suffisante, les contraintes répétées peuvent entretenir une douleur persistante et favoriser des atteintes tendineuses. Les mouvements répétitifs de la souris aggravent ce phénomène en sollicitant les mêmes structures articulaires des centaines de fois par jour.
Télétravail, poste improvisé et douleurs d'épaule
Le télétravail a multiplié les situations à risque. PC portable posé sur une table basse, chaise de salle à manger non réglable, absence totale de matériel ergonomique : ces conditions de travail dégradées forcent le corps à compenser, notamment au niveau des cervicales et des épaules.
Les facteurs psychosociaux, comme le manque d’autonomie, la pression ou le manque de reconnaissance, peuvent aggraver le risque de TMS.
Quels sont les TMS de l'épaule les plus fréquents ?
Plusieurs pathologies distinctes se cachent derrière l’expression « mal d’épaule au travail ». Les reconnaître aide à réagir plus vite et à éviter qu’un trouble bénin ne devienne chronique.
Tendinopathie de la coiffe des rotateurs
La tendinopathie de la coiffe des rotateurs est l’une des atteintes les plus fréquentes de l’épaule en contexte professionnel. Les tendons des muscles rotateurs (chargés de stabiliser et mobiliser l’articulation) s’irritent sous l’effet des postures prolongées et des gestes répétés bras en avant.
Douleur à la levée du bras, gêne nocturne, irradiation vers le bras : les symptômes s’installent progressivement jusqu’à la rupture partielle ou totale si aucun traitement ni ajustement n’est mis en place.
Tendino-bursite de l'épaule
Ici, le tendon et la bourse sous-acromiale s’enflamment simultanément, ce qui provoque un conflit mécanique à chaque élévation du bras.
La douleur apparaît dans un arc précis de mouvement (entre 60° et 120°), accompagnée d’une raideur caractéristique. Anti-inflammatoires, kinésithérapie et parfois infiltration représentent les traitements de première intention.
Capsulite rétractile
La capsule articulaire se rétracte et s’épaissit, ce qui limite sévèrement la mobilité dans tous les plans.
Douleur intense, puis raideur croissante rendent certains gestes du quotidien quasi impossibles. La capsulite rétractile évolue souvent sur plusieurs mois, avec une phase douloureuse puis une phase de raideur, avant récupération progressive.
La rééducation en kinésithérapie reste le pivot du traitement, parfois complétée par des infiltrations ou un geste chirurgical.
Prévenir les TMS de l'épaule : les réglages essentiels de votre poste
Une bonne ergonomie et une organisation adaptée permettent de réduire nettement le risque de TMS liés au travail sur écran. Quelques ajustements ciblés suffisent à réduire significativement la charge statique sur vos articulations :
Hauteur de l'écran, du siège et position des épaules
La règle de base : les épaules sont relâchées, les coudes se positionnent à 90°, l’écran en face. Concrètement, le bord supérieur de l’écran doit se situer à hauteur des yeux, à 50–70 cm de distance.
Le siège doit permettre aux pieds de reposer à plat, genoux fléchis à angle droit. Les avant-bras s’appuient sur le plan de travail. Cet ajustement simple et rapide contribue à réduire la charge sur la ceinture scapulaire.
Clavier, souris, porte-documents : limiter les contraintes sur l'épaule
Le clavier se positionne à 10–15 cm du bord du bureau, la souris juste à côté. Pour les documents papier consultés en parallèle, un porte-documents placé entre clavier et écran supprime les rotations de tête répétées et les extensions latérales du bras.
Ordinateur portable : pourquoi un réhausseur est conseillé ?
Un PC portable posé à plat contraint à fléchir la nuque de 30 à 40°, ce qui multiplie la charge sur les muscles cervicaux et remonte directement sur l’épaule.
Un réhausseur ramène l’écran à hauteur des yeux et impose naturellement l’usage d’un clavier et d’une souris externes, une condition indispensable pour retrouver une posture anatomique neutre. En télétravail surtout, cet accessoire change véritablement la donne !
Les TMS de l’épaule progressent silencieusement, mais ils ne sont pas une fatalité. Raideur, douleur à la levée du bras, gêne nocturne : dès les premiers signaux, il est temps d’agir sur votre poste de travail.
FAQ
Quels sont les premiers symptômes d'un TMS de l'épaule ?
Les premiers signes d’une épaule douloureuse sont des douleurs et une gêne fonctionnelle (perte de mobilité ou de force) qui apparaissent pendant l’activité, puis disparaissent au repos. Sans prise en charge, l’aggravation est progressive : les symptômes s’étendent à d’autres moments de la journée, parfois accompagnés d’une inflammation, et peuvent devenir permanents.
Un TMS de l'épaule peut-il être reconnu en maladie professionnelle ?
Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs figurent parmi les maladies professionnelles reconnues au tableau 57A du régime général, qui vise les affections périarticulaires provoquées par des gestes répétitifs et postures de travail. La demande de reconnaissance s’effectue auprès de l’Assurance Maladie (CPAM), dans le cadre de la prise en charge des risques professionnels liés à la santé au travail.
Quel est le coût d'un TMS de l'épaule ?
Les TMS représentent un coût important pour les entreprises : l’INRS indique qu’en 2021, les TMS des membres supérieurs et inférieurs indemnisés ont entraîné plus de 11 millions de journées de travail perdues et 1 milliard d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises du régime général. L’ANACT estime par ailleurs qu’un TMS coûte en moyenne plus de 21 000 euros en additionnant coûts directs et indirects.
Comment soigner un TMS de l'épaule ?
Le traitement d’une tendinite de l’épaule repose généralement sur le repos, la réduction de l’inflammation, des anti-inflammatoires et de la kinésithérapie. Dans les cas plus avancés, une infiltration de corticoïdes, voire une intervention chirurgicale, peuvent être envisagées mais ces options ne traitent pas la cause : le poste de travail doit impérativement être corrigé en parallèle.
Comment prévenir les TMS de l'épaule au bureau ?
Pour prévenir les troubles musculo-squelettiques de l’épaule, un réglage précis des postes de travail suffit dans la grande majorité des cas : écran à hauteur des yeux, avant-bras en appui, souris proche du clavier. L’ergonomie au poste reste le levier le plus efficace pour réduire les risques professionnels liés au travail sur écran.
Sources :
INRS – Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS)
Ministère du Travail – Prévention des TMS
INRS – “Les TMS, tous concernés”


