Travail sur écran et TMS : quels sont les vrais facteurs de risque ?

90 % des maladies professionnelles reconnues en France sont des troubles musculosquelettiques, et leur nombre a encore progressé de 6,7 % entre 2023 et 2024 (source AMELI). Derrière ce chiffre, on pense spontanément aux métiers physiques. Pourtant, l'INRS cite le travail sur écran parmi les activités professionnelles exposantes, au même titre que les coiffeurs ou les dentistes.  Au bureau comme en télétravail, quels facteurs de risque liés au travail sur écran transforment une journée sédentaire en source principale de TMS et de santé au travail ? Optimeo vous informe.

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Table des matières

En résumé :

  • Télétravailleurs, fonctions administratives, métiers tech et professionnels de santé sédentaires sont parmi les profils les plus concernés par les TMS.

  • Quatre catégories de facteurs se combinent pour créer le risque : biomécaniques (posture statique, gestes répétitifs), organisationnels (manque de pauses, charge cognitive), environnementaux (poste mal réglé, écran inadapté) et psychosociaux (stress, manque d’autonomie). Agir sur un seul levier ne suffit pas.

  • Le PC portable est un facteur aggravant sous-estimé : écran trop bas, flexion permanente de la nuque, incompatibilité entre position des bras et hauteur de vision. Sans support adapté, l’utilisateur est structurellement exposé à un risque biomécanique que les postes fixes n’induisent pas de la même façon.

  • Un auto-diagnostic en 5 questions permet d’identifier les premiers signaux d’alerte, mais seule une évaluation personnalisée intègre l’ensemble des paramètres.

Qu'est-ce qu'un trouble musculo-squelettique ?

Un trouble musculo-squelettique (TMS) représente une atteinte des muscles, tendons, nerfs ou tissus mous péri-articulaires favorisée par des sollicitations répétées ou prolongées dans l’activité professionnelle. 

Les symptômes (douleurs, raideurs, engourdissements, perte de force) s’installent progressivement, ce qui rend leur détection difficile sans auto-évaluation.

Chez les travailleurs sur écran, les zones les plus touchées sont : 

  • La nuque

  • Les épaules

  • Le bas du dos

  • Les poignets. 

 

On retrouve plusieurs types de pathologies liées aux TMS, notamment les cervicalgies, le syndrome de la coiffe des rotateurs ou encore le syndrome du canal carpien.

Ces TMS (notamment du dos et des membres supérieurs) touchent près de 60 % des femmes et 54 % des hommes en activité selon Santé publique France.

Quels sont les facteurs de risque des TMS liés au travail sur écran ?

Les troubles musculo-squelettiques liés au travail n’ont jamais qu’une seule cause. L’INRS et la littérature scientifique s’accordent sur ce point : le risque de TMS émerge de la combinaison de plusieurs catégories de facteurs : biomécaniques, organisationnels, environnementaux et psychosociaux, qui s’alimentent mutuellement. 

C’est pourquoi sa prévention nécessite une approche globale qui prend en compte à la fois l’environnement de travail, l’organisation du travail et les habitudes posturales de chaque salarié.

Les facteurs biomécaniques 

Au poste informatique, le principal facteur biomécanique n’est pas l’effort : c’est l’immobilité

Trois mécanismes se combinent et s’aggravent mutuellement :

  • La posture assise statique prolongée sollicite en continu les muscles posturaux, sans temps de récupération suffisant. Ce n’est pas la position en elle-même qui pose problème, mais sa durée et son maintien rigide sur l’ensemble de la journée de travail (INRS).

  • La répétitivité des gestes aggrave ce mécanisme : frappe au clavier et clics de souris mobilisent en continu les mêmes structures du membre supérieur (poignets, avant-bras, épaules) avec des mouvements de faible amplitude mais à haute fréquence. 

  • Le PC portable, de plus en plus utilisé en télétravail, est aussi un facteur aggravant bien spécifique. Posé à plat sur un bureau, son écran trop bas impose une flexion permanente de la nuque. La solidarité entre clavier et écran contraint le salarié à un choix impossible : bonne position des bras ou bonne hauteur de vision. Sans support adapté, les deux sont incompatibles.

Les facteurs organisationnels 

L’organisation du travail intervient largement dans l’intensité du risque de TMS (souvent autant que la posture elle-même !). 

Dans le contexte du travail sur écran, trois leviers organisationnels sont particulièrement aggravants :

  • Le manque de pauses et l’absence d’alternance entre les tâches empêchent toute récupération musculaire. Sans coupure régulière, les sollicitations s’accumulent heure après heure sans que le corps puisse compenser.

  • Le temps de travail toujours plus excessif devant l’écran amplifie ce phénomène. La généralisation du télétravail a accentué la dérive du temps de connexion, avec des effets directs sur les conditions de travail et la santé des salariés.

  • La charge cognitive, enfin, est le facteur le plus discret. Une tâche à forte concentration entraîne une contraction musculaire durable, notamment au niveau du cou, sans que le salarié en soit conscient. Les muscles ne se relâchant jamais complètement, ce mécanisme favorise à terme l’apparition de TMS et peut conduire à un arrêt de travail.

Les facteurs environnementaux 

L’environnement de travail immédiat est généralement le facteur de risque le plus facile à corriger et pourtant le plus négligé. L’INRS identifie plusieurs défauts d’aménagement du poste de travail qui génèrent directement des TMS chez les travailleurs sur écran :

  • Hauteur d’écran inadaptée : un moniteur trop haut provoque une extension continue de la nuque. Trop bas (comme sur un PC portable posé à plat) il impose une flexion permanente. La recommandation de l’INRS est claire à ce sujet : le haut de l’écran doit être à hauteur des yeux.

  • Absence de support porte-documents : consulter un document papier posé à plat tout en regardant l’écran oblige à des rotations cervicales répétées, source directe de sollicitation excessive des muscles du cou.

  • Éclairage inadapté : un éclairage incorrect pousse involontairement le salarié à fléchir le cou pour mieux distinguer ce qu’il lit. Un éclairage insuffisant est aussi source de fatigue oculaire.

  • Espace de travail : un clavier trop éloigné ou une souris mal positionnée provoquent des douleurs et une sursollicitation des épaules.

Les facteurs psychosociaux 

Les facteurs psychosociaux sont très souvent sous-estimés dans l’apparition des TMS. Pourtant, leur effet sur le corps est bien documenté. 

Plusieurs situations contribuent directement à alimenter ce risque :

  • Le stress et la pression temporelle entraînent une augmentation de la contraction musculaire, principalement au niveau du cou, sans que le muscle ne se relâche complètement entre les sollicitations. Ce mécanisme s’installe silencieusement, indépendamment de toute contrainte posturale.

  • Le manque d’autonomie et un rythme de travail soutenu maintiennent le corps dans un état de tension chronique. Le salarié ne perçoit plus les signaux de fatigue physique que son corps lui envoie, ce qui retarde la prise en charge et aggrave l’évolution du trouble.

  • L’insécurité de l’emploi et des conditions de travail dégradées sont aussi régulièrement cités parmi les facteurs aggravants. Un contexte professionnel perçu comme instable ou peu soutenant amplifie les effets des autres facteurs de risque.

Ce mécanisme psychosocial rappelle une réalité que l’on oublie : réduire le risque de TMS ne se limite pas à corriger un poste de travail. L’organisation du travail, la qualité des relations professionnelles et la santé mentale des salariés font partie intégrante de l’équation !

Quels métiers sont particulièrement exposés aux TMS liés à l'écran ?

Le travail sur écran concerne aujourd’hui des millions de salariés, bien au-delà des secteurs traditionnellement associés aux TMS. Le risque est explicitement présent dans toutes les activités professionnelles pourvues d’un poste informatique. 

Quatre profils concentrent une exposition particulièrement élevée :

  • Les télétravailleurs : la généralisation du travail à distance a provoqué une hausse des musculo-squelettiques TMS liée à des environnements de travail improvisés et à des PC portables utilisés sans périphériques adaptés.

  • Les fonctions administratives (secrétaires, assistants, comptables) passent jusqu’à 7 heures par jour en posture statique devant un bureau, avec une charge de travail répétitive et peu de variation dans les tâches.

  • Les développeurs et métiers tech : posture prolongée, gestes répétitifs et forte charge cognitive : trois facteurs de risque de TMS qui se cumulent en permanence.

  • Les professionnels de santé en contexte sédentaire (secrétaires médicales, médecins en téléconsultation, administratifs hospitaliers) sont aussi concernés.

Comment évaluer les risques de TMS à son poste de travail ?

Avant de mettre en place des actions de prévention, encore faut-il savoir si son poste de travail expose réellement à un risque de TMS.

Ce diagnostic de base ne nécessite ni équipement ni formation spécialisée, cinq questions suffisent pour un premier état des lieux : 

  • La hauteur d’écran est-elle adaptée ? Le haut du moniteur doit se situer à hauteur des yeux. Si vous regardez vers le bas (PC portable) ou vers le haut (écran surélevé), la nuque est en flexion ou en extension contraignante en permanence.

  • Devez-vous tourner la tête régulièrement ? Consulter un document posé à plat, un second écran mal positionné ou une note imprimée oblige à des rotations répétées qui sollicitent les muscles cervicaux à chaque aller-retour.

  • Votre dos bénéficie-t-il d’un appui lombaire réel ? Un dossier mal réglé laisse le bas du dos sans soutien, ce qui génère une fatigue posturale silencieuse sur l’ensemble du temps de travail.

  • Vos poignets sont-ils en position neutre ? Une extension ou une déviation des poignets pendant la frappe ou l’utilisation de la souris est l’une des principales causes du syndrome du canal carpien.

  • Prenez-vous une pause active toutes les 45 à 60 minutes ? Sans coupure régulière, aucun réglage ergonomique ne suffit à compenser l’accumulation des sollicitations musculaires.

Ces cinq questions permettent d’identifier les signaux d’alerte. Elles ne remplacent pas pour autant une évaluation personnalisée : l’ergonomie d’un poste dépend de paramètres combinés (morphologie, matériel disponible, habitudes posturales) que seule une analyse experte peut intégrer. 

FAQ

La prévention des TMS est-elle une obligation légale pour l'employeur ?

Le Code du travail impose à tout employeur de mettre en place une démarche de prévention des risques, formalisée dans le document unique d’évaluation des risques (DUERP). Ce document doit être mis à jour au moins une fois par an. L’évaluation des risques liés aux TMS en fait partie intégrante, au même titre que la sécurité au travail au sens large. 

Quelles sont les principales causes de TMS à ne pas négliger au bureau ?

Au-delà de la répétitivité des gestes et des postures contraignantes, plusieurs facteurs sont souvent sous-estimés dans la survenue des TMS. Les risques psychosociaux (stress, pression temporelle, insécurité de l’emploi) interviennent directement sur la tension musculaire. Les facteurs environnementaux comme le bruit, le froid ou un éclairage déficient peuvent également aggraver l’état de santé physique des salariés en les poussant à adopter des postures excessives. Enfin, les antécédents individuels et la qualité de vie au travail font partie des éléments à prendre en compte dans toute démarche de prévention des troubles musculo-squelettiques.

Comment agir concrètement pour prévenir les TMS en entreprise ?

Prévenir les TMS nécessite une approche structurée en plusieurs étapes. La première consiste à réaliser un diagnostic de l’existant : identifier les postes exposants, recueillir les signaux d’alerte (douleurs, gênes, arrêts répétés) et établir un état des lieux objectif. Vient ensuite la mise en place de solutions ciblées : réglage ergonomique des postes de travail, équipements adaptés, information des salariés et dialogue social autour des conditions de travail. Un programme de prévention des risques efficace intègre aussi la dimension organisationnelle. 

La prise en charge des TMS : quels recours pour le salarié ?

Un TMS reconnu comme maladie professionnelle ouvre droit à une prise en charge spécifique par l’Assurance Maladie via les tableaux des maladies professionnelles du Code de la sécurité sociale. La reconnaissance permet notamment une indemnisation des soins, une réparation financière en cas de séquelles et un accompagnement pour le maintien en emploi. Pour engager cette démarche, le salarié doit se rapprocher de son médecin du travail responsable de la santé et de la sécurité en entreprise. 

Sources : 

INRS. Troubles musculo-squelettiques – facteurs de risque 

AMELI. Comprendre les troubles musculo-squelettiques 

Science Direct. Facteurs de risque des troubles musculosquelettiques (TMS) : une mise au point 

Santé Publique France. Mieux connaître les facteurs de risque de troubles musculo-squelettiques chez les salariés de la santé humaine et de l’action sociale 

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