Table des matières
En résumé :
- La souris classique reste la plus utilisée mais impose la plus forte rotation du poignet. L’inclinée offre, selon l’INRS, le meilleur compromis confort-performance, et la souris verticale va plus loin au prix d’un temps d’adaptation.
- Morphologie, activité et zone de gêne ressentie orientent vers des dispositifs différents.
- Le réglage du poste compte autant que le modèle : position de la souris, dimensions du bureau, tapis et repose-poignet influencent les tensions musculaires. Aucun modèle n’élimine à lui seul la sollicitation du poignet.
- Un cas à part, l’ordinateur portable : le trackpad et la position basse de l’écran déséquilibrent la posture, une souris externe est donc presque toujours recommandée pour un usage prolongé.
Ergonomie au travail : l’importance du choix de la souris
Le Code du travail encadre bien le travail sur écran. Les articles R.4542-1 à R.4542-19 imposent notamment à l’employeur d’évaluer les risques dès qu’un poste comporte un écran utilisé de façon habituelle, et de prendre les mesures qui s’imposent : organisation du temps de travail, choix du mobilier, des logiciels et des périphériques.
La souris entre donc pleinement dans cette partie puisqu’elle concentre une bonne partie des gestes répétitifs de la journée, avec un risque d’apparition de troubles musculosquelettiques mais aussi une sédentarité qui pèse sur la santé aussi bien physique que mentale.
Souris classique, inclinée, verticale : ce que disent les études
La souris classique, la plus répandue (mais la plus exigeante pour le poignet !)
La souris classique est le modèle qu’on retrouve sur la grande majorité des postes. Elle impose une extension du poignet et une pronation de l’avant-bras proche de 90 degrés, la paume tournée vers le bureau, comme si la main était totalement à plat sur l’espace de travail.
C’est aussi, paradoxalement, le modèle que la plupart des utilisateurs jugent le plus confortable au quotidien !
La souris inclinée, le compromis que recommande l'INRS
En relevant légèrement le corps de la souris, on ramène la pronation autour de 60 degrés, dans une position plus proche de celle d’une poignée de main. Une étude de référence de l’INRS (note scientifique NS 345, Gaudez et Cail, 2016) a comparé les trois modèles sur les sollicitations musculaires, la posture, la performance et la satisfaction des utilisateurs.
La conclusion est la suivante : la souris inclinée apparaît comme étant un bon compromis, notamment en cas de gêne déjà présente au poignet ou au coude.
La souris verticale, pour aller plus loin dans le confort
Avec ce type de modèle, la pronation tombe à environ 20 degrés. La main adopte une position quasi verticale, celle qu’on prend naturellement pour serrer la main de quelqu’un. C’est le modèle qui réduit le plus la rotation forcée de l’avant-bras.
En contrepartie, il demande un vrai temps d’adaptation, et les utilisateurs sont parfois moins à l’aise sur des tâches qui demandent une grande précision.
Quel que soit le modèle retenu, un point mérite d’être souligné : une note scientifique de l’INRS parue en janvier 2026 (la plus récente à ce jour sur le sujet) confirme qu’aucun dispositif n’élimine totalement la sollicitation de l’extenseur du carpe, le muscle du poignet qui reste actif quasiment en continu devant un écran.
Changer de souris déplace donc les contraintes d’une articulation à une autre, sans pour autant les supprimer.
Quelle souris choisir selon la douleur ressentie ?
L’INRS publie des recommandations précises selon la zone douloureuse (brochure Souris et autres dispositifs de pointage, ED 6420, juin 2025), à discuter au besoin avec le service de santé au travail :
| Douleur ressentie | À éviter | À privilégier |
|---|---|---|
| Épaule | Souris à côté du clavier | Souris devant le clavier, pointeur central, pavé tactile |
| Coude ou poignet | Souris classique, pointeur central, pavé tactile | Souris inclinée, verticale, ou joystick |
| Pouce | Dispositifs à clic du pouce (joysticks) | Souris classique ou inclinée |
| Auriculaire ou tranche de la main | Souris verticale, joystick | Souris classique ou inclinée |
Les critères pour bien choisir votre souris
Selon votre morphologie
Un droitier ou un gaucher n’aura pas forcément besoin de la même souris : certains modèles n’existent qu’en version droitier, d’autres sont ambidextres. La taille de la main compte aussi, une souris trop grande ou trop petite oblige à des appuis inconfortables.
Selon votre activité
La bureautique classique se contente très bien d’une souris inclinée standard. La CAO ou le graphisme exigent une précision fine, souvent mieux servie par une souris filaire bien réglée.
Selon vos préférences techniques
Filaire, sans fil ou Bluetooth n’a pas d’impact direct sur la posture, mais influence le confort au quotidien : une souris sans fil libère l’espace de travail, au prix d’une recharge ou de piles à anticiper.
Le cas particulier de l'ordinateur portable
Le trackpad intégré impose une posture figée des doigts, et l’écran, plus bas qu’un écran fixe, aggrave la flexion du cou.
Ajouter une souris externe change concrètement la donne, surtout en télétravail ou pour les équipes hybrides : l’ordinateur portable seul n’a jamais été pensé pour un usage prolongé sur un bureau.
Les réglages comptent autant que le modèle
Une excellente souris mal positionnée ne sert à rien. L’INRS le rappelle : placer la souris au plus près de soi, devant ou à côté du clavier, réduit nettement les tensions à l’épaule.
Le plan de travail compte aussi : une profondeur d’au moins 80 cm est recommandée (110 cm au-delà de deux écrans), et une largeur d’au moins 180 cm, 160 cm restant tolérés uniquement en configuration contrainte. Un tapis de souris adapté et un repose-poignet complètent l’ensemble, sans forcer une posture qui resterait par ailleurs inadaptée.
Enfin, l’INRS conseille de toujours tester un nouveau modèle en conditions réelles quelques jours avant de l’adopter.
FAQ
Souris verticale ou inclinée, laquelle choisir ?
La souris inclinée constitue un bon compromis pour la plupart des usages, selon l’INRS. La verticale va plus loin dans la réduction de la rotation du poignet, mais demande un temps d’adaptation et convient surtout en cas de gêne déjà installée.
Existe-t-il des souris ergonomiques pour gauchers ?
Certains modèles ergonomiques existent en version gaucher, d’autres sont ambidextres. Mieux vaut vérifier ce point avant l’achat, car tous les modèles inclinés ou verticaux n’existent pas dans les deux versions.
Une souris ergonomique suffit-elle à éviter les douleurs ?
Les études INRS le montrent bien : aucun modèle n’élimine totalement la sollicitation musculaire du poignet. Le choix de la souris doit s’accompagner d’un bon réglage du poste dans son ensemble, écran, siège, clavier, et de pauses régulières.
Que faire si la gêne persiste malgré une souris ergonomique ?
Il est recommandé de consulter le médecin du travail ou un professionnel de santé. Une souris adaptée aide à prévenir l’inconfort, mais ne remplace pas un avis médical en cas de douleur installée.
Sources :
Code du travail R.4542-1 à 19
INRS ED 6420, Souris et autres dispositifs de pointage (juin 2025)
INRS ED 6538, Travail sur écran


