Troubles musculo squelettiques (TMS) : le guide complet

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent la première cause de maladies professionnelles reconnues en France. Pour vous, employeurs et préventeurs, l'enjeu est important : ces pathologies génèrent une baisse de productivité, une désorganisation du travail et des coûts importants. Pourtant, les TMS sont largement évitables grâce à une démarche de prévention structurée et des solutions ergonomiques adaptées. Optimeo vous accompagne à travers ce guide complet dans la compréhension, l'évaluation et la prévention durable des TMS au sein de votre organisation.

Date de publication

Table des matières

En résumé :

  • Les TMS représentent plus de 80% des maladies professionnelles en France et touchent 58% des femmes et 51% des hommes actifs. Tous les secteurs sont concernés, du BTP au tertiaire.
  • Les TMS résultent de la combinaison de trois types de facteurs : biomécaniques, organisationnels et psychosociaux.
  • ​Les conséquences pour l’entreprise sont importantes : absentéisme plus fréquent, perte de productivité, coûts économiques élevés et désorganisation des équipes.
  • ​La prévention repose sur une démarche en 4 étapes (engagement, état des lieux, analyse, transformation) et 3 niveaux d’action complémentaires (primaire, secondaire, tertiaire), avec une obligation légale d’évaluation formalisée dans le DUERP.

Qu'est-ce que les troubles musculo-squelettiques (TMS) ?

Définition et signification des TMS

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent un ensemble d’affections de l’appareil locomoteur qui touchent les structures anatomiques qui participent au mouvement. Les TMS affectent les muscles, les tendons, les ligaments, les nerfs, les articulations et le système nerveux périphérique. 

La description médicale des TMS met en valeur des processus d’inflammation et de dégénérescence progressive qui, sans prise en charge, peuvent évoluer vers un état chronique.

Ces troubles musculo-squelettiques reliés au travail deviennent une préoccupation essentielle de santé publique. L’activité professionnelle a en effet un rôle déterminant dans leur apparition, leur maintien ou leur aggravation. Les sollicitations physiques répétées, les contraintes posturales et l’organisation du travail facilitent leur développement.

Les principales catégories de TMS

Les troubles musculo-squelettiques se répartissent principalement selon deux zones du corps : le dos et le membre supérieur. En France, plus d’une femme sur deux (58 %) et un homme sur deux (51 %) âgés de 18 à 64 ans déclarent en souffrir. ​

Le dos est la zone la plus touchée avec la lombalgie en tête des affections déclarées : elle provoque des douleurs au niveau du bas du dos et de la colonne vertébrale, généralement causées par l’hypersollicitation et des postures contraignantes. 

Les membres supérieurs sont également largement touchés, avec 30% des femmes et 27% des hommes concernés, l’épaule étant la zone la plus vulnérable.

Voici les principaux types de TMS recensés selon leur localisation : 

  • TMS du dos et du cou : comme énoncé précédemment, la lombalgie domine le tableau clinique. Elle se manifeste par des douleurs chroniques au bas du dos liées aux contraintes posturales et à la répétition des efforts. Le cou est aussi concerné : les cervicalgies touchent les structures cervicales et peuvent irradier jusqu’aux épaules, ce qui provoque raideur et inconfort.

 

  • TMS des épaules : le syndrome de la coiffe des rotateurs est fréquente chez les travailleurs exposés. Cette pathologie s’accompagne généralement de bursite et de ténosynovite qui amplifient les limitations fonctionnelles.​

 

  • TMS des mains et poignets : le syndrome du canal carpien qui comprime le nerf au niveau du poignet fait partie des TMS les plus diagnostiqués. Les gestes répétitifs favorisent également l’apparition de tendinites et tendinopathies variées : la maladie De Quervain touche spécifiquement le pouce, le syndrome de Raynaud perturbe la circulation sanguine des doigts.

 

  • TMS du coude : l’épicondylite montre comment les mouvements répétés du membre supérieur peuvent entraîner des inflammations douloureuses. À long terme, l’hypersollicitation chronique peut même favoriser le développement d’arthrose articulaire.​

 

  • TMS du genou : bien que moins fréquents, les genoux peuvent développer un hygroma à cause du maintien de positions prolongées à genoux ou accroupies. Ces TMS des membres inférieurs restent cependant minoritaires comparés à ceux qui touchent les zones supérieures du corps.

Qui est concerné par les TMS ?

Plusieurs “erreurs” sont fréquemment rencontrées lors du réglage d’un poste de travail.

En voici les plus fréquentes et leurs solutions :

Si aucun travailleur n’est préservé totalement des TMS, certains secteurs regroupent la majorité des cas en raison de conditions de travail particulièrement contraignantes. 

Il s’agit de : 

  • L’agroalimentaire
  • La métallurgie
  • La construction automobile
  • Le BTP
  • Le transport et la logistique.

 

Les services à la personne, les activités de propreté et le personnel soignant présentent également une forte exposition.

Cette réalité s’applique également à la fonction publique : en 2023, les troubles musculo-squelettiques constituent 97,1% des maladies professionnelles chez les employés territoriaux et 94,8% au sein de la fonction publique hospitalière.

Le travail sur écran, qui a longtemps été sous-évalué, est aussi un facteur d’exposition non négligeable : il est directement responsable de 3 à 5% des troubles musculo-squelettiques. 

Les employés du secteur tertiaire, les télétravailleurs et l’ensemble du personnel de bureau sont donc concernés par ces risques, même en l’absence de port de charges !

Quelles sont les causes et facteurs de risque des TMS ?

Les trois types de facteurs de risque

L’origine des TMS se situe dans l’enchaînement de contraintes qui s’accumulent au fil du temps. 

Pour comprendre comment ces troubles se développent et pouvoir agir efficacement, trois grandes familles de facteurs de risque ont été identifiées : biomécaniques, organisationnels et psychosociaux : 

Les facteurs biomécaniques

Imaginez effectuer le même geste des centaines de fois par jour, jour après jour. C’est précisément ce que vivent de nombreux travailleurs exposés aux gestes répétitifs ! Ces mouvements sollicitent sans relâche les mêmes articulations, tendons et muscles, ce qui créé des micro-traumatismes qui s’accumulent silencieusement.

Les postures contraignantes aggravent cette situation : travailler bras levés au-dessus des épaules, rester penché en avant durant plusieurs heures, maintenir une position accroupie prolongée… Autant de positions qui éloignent le corps de sa posture naturelle et génèrent des tensions importantes. 

Ajoutez à cela le port de charges, même modérées, et la structure musculo-squelettique se retrouve sous pression constante.

La contrainte mécanique s’installe alors : les tissus n’ont plus le temps de récupérer entre deux mouvements, l’inflammation apparaît et la douleur finit par s’installer durablement.

Les facteurs organisationnels

Lorsque les cadences s’accélèrent (comme c’est souvent le cas dans l’industrie ou la logistique), les pauses se raccourcissent ou disparaissent et empêchent toute récupération musculaire.​

La monotonie des tâches est aussi un élément à prendre en compte : répéter les mêmes gestes toute la journée sans variation ni rotation de poste concentre la fatigue sur les mêmes zones corporelles. 

Quand l’intensité du travail ne permet aucune alternance entre activités sollicitantes et moments de récupération, les tensions s’accumulent.

Les facteurs psychosociaux

On parle moins souvent de cette dimension, pourtant elle est essentielle dans la survenue des TMS. Le stress professionnel, qu’il soit lié à des délais impossibles à tenir, des objectifs irréalistes ou des relations tendues dans l’équipe a un impact direct sur le corps. 

Sous pression, les muscles se crispent, les tensions s’installent et la perception de la douleur s’amplifie.​

L’autonomie réduite pèse lourd également : quand un travailleur ne peut ni adapter son rythme, ni modifier sa manière de faire, ni prendre une pause quand son corps le réclame, il subit de plein fouet les contraintes sans pouvoir s’en protéger. 

La complexité croissante du travail, les horaires décalés, le manque de reconnaissance… Tous ces éléments psychosociaux, bien qu’invisibles, contribuent tout autant que les charges physiques au développement et à la chronicisation des troubles musculosquelettiques.​

L'importance du diagnostic précoce

Le diagnostic précoce fait toute la différence : sans prise en charge rapide, les TMS évoluent vers des pathologies chroniques parfois irréversibles. L’évaluation des risques en amont permet d’identifier les situations dangereuses avant l’apparition des premiers symptômes.

Une obligation légale et stratégique

Le Code du travail impose à chaque employeur d’évaluer les risques pour la santé au travail et la sécurité au travail de ses salariés. Cette évaluation, formalisée dans le Document Unique, représente le socle du système de prévention de l’entreprise. 

Le médecin du travail émet une mise en garde médicale si nécessaire, l’Assurance Maladie et la Sécurité Sociale accompagnent les mesures correctives.

Opti-Coach, un outil moderne de diagnostic des TMS liés au travail sur écran

Face à la multiplication des postes informatiques, Opti-Coach propose un outil de diagnostic à distance innovant qui permet d’évaluer précisément les risques liés au travail sur écran. 

Véritable plateforme de prévention et d’action, Opti-Coach sensibilise les salariés, les aide à régler leur poste de travail en direct et en moins 20 minutes, tout en leur proposant également des exercices d’étirement de façon ludique.

Quels sont les symptômes et les conséquences des TMS ?

Reconnaître les signes d'alerte

La douleur des TMS peut être localisée au niveau musculaire ou articulaire, apparaître pendant l’effort ou persister au repos. À ce stade, beaucoup de travailleurs minimisent cette gêne et pensent que la douleur passera d’elle-même.

D’autres signes doivent alerter : 

  • La raideur matinale qui limite les mouvements
  • L’engourdissement ou les fourmillements dans les mains et les doigts
  • La perte de force progressive qui rend difficiles certains gestes quotidiens. 

 

Cette diminution de la mobilité et l’atteinte fonctionnelle impactent peu à peu la capacité à réaliser correctement son travail.

L’apparition des TMS suit une évolution physiologique caractéristique. Au début, la douleur est ressentie uniquement pendant l’activité et disparaît au repos. Puis elle persiste en dehors du travail, le week-end et la nuit. Sans prise en charge, la douleur mène à des lésions chroniques qui peuvent devenir irréversibles et engendrer un handicap durable.

Face à ces symptômes, il est conseillé de consulter rapidement le médecin du travail pour obtenir des soins médicaux adaptés avant que la douleur ne devienne chronique et plus difficile à traiter. 

Impact sur le travail et l'entreprise

L’impact des TMS sur le travail et l’entreprise va bien au-delà de la souffrance des salariés. 

Ces pathologies provoquent une véritable désorganisation qui concerne l’ensemble de l’activité professionnelle. La perte de productivité se manifeste dès les premiers symptômes : un employé qui souffre travaille moins vite, fait plus d’erreurs et voit sa qualité de vie au travail se dégrader progressivement.

L’absentéisme est la conséquence la plus visible. Lorsque l’incapacité devient durable, certains salariés doivent quitter leur poste, ce qui entraîne turnover et perte de compétences.

​Le coût économique pour l’employeur peut être parfois considérable : cotisations accidents du travail et maladies professionnelles qui augmentent, frais de remplacement, baisse de la productivité globale. 

Face à ces enjeux, la mise en place d’actions de prévention, la prise en charge rapide des situations à risque et un suivi régulier par des mesures concrètes permettent de limiter l’impact des TMS. 

TMS et reconnaissance en maladie professionnelle

Les troubles musculosquelettiques peuvent être reconnus comme maladie professionnelle lorsqu’ils sont directement imputés à l’activité professionnelle. Cette reconnaissance officielle ouvre des droits spécifiques en matière d’indemnisation et de prise en charge médicale. ​

La réglementation, inscrite dans le Code du travail et les tableaux de la Sécurité Sociale, définit précisément les conditions de reconnaissance. 

La démarche démarre par le salarié lui-même, qui constitue et dépose son dossier de demande de reconnaissance auprès de l’Assurance Maladie. 

Le médecin du travail peut signaler les maladies à caractère professionnel, prescrire des examens complémentaires et fournir un avis. La déclaration doit respecter un délai réglementaire pour que la prise en charge soit effective.

Une fois la reconnaissance obtenue, l’Assurance Maladie prend en charge à 100 % les soins médicaux et le traitement nécessaires. Le salarié bénéficie également d’indemnités journalières majorées calculées sur son salaire et, en cas de séquelles permanentes, d’une indemnisation d’incapacité.

Au-delà de l’indemnisation individuelle, cette reconnaissance sert la prévention professionnelle collective : elle alerte l’entreprise sur les risques présents et renforce l’obligation pour l’employeur d’améliorer ses actions de prévention !

Comment prévenir les TMS en entreprise ?

Les 3 niveaux de prévention

La prévention des TMS se base sur une démarche de prévention structurée en trois niveaux complémentaires. Cette approche permet d’agir efficacement sur la prévention des troubles musculo-squelettiques, de l’anticipation jusqu’à l’accompagnement des salariés touchés.

L’objectif de la prévention primaire est d’empêcher l’apparition des TMS en éliminant les facteurs de risque dès la conception. 

Voici des exemples d’actions à mettre en place : 

  • Ergonomie : aménagement des postes de travail, équipements adaptés, réduction des contraintes biomécaniques
  • Organisation : limitation des gestes répétitifs, variation des tâches, adaptation des cadences
  • Formation et sensibilisation : culture de prévention, priorité santé et sécurité au travail.

Prévention secondaire : réduire l'exposition

Quand les risques ne peuvent être totalement éliminés, cette approche a pour objectif de diminuer l’exposition des travailleurs : 

  • Rotation des postes pour éviter la sollicitation constante des mêmes zones corporelles
  • Pauses régulières pour permettre la récupération musculaire​
  • Formation gestes et postures pour donner aux salariés les clés pour protéger leur corps
  • Aides techniques : équipements de manutention, outils ergonomiques​.

Prévention tertiaire : accompagner les salariés touchés

Pour les personnes déjà atteintes, cette prévention des risques vise à éviter l’aggravation et à faciliter le maintien dans l’emploi : 

  • Aménagement personnalisé du poste de travail
  • Collaboration avec le médecin du travail​
  • Allègement temporaire ou permanent de certaines tâches
  • Sensibilisation de l’équipe pour un environnement favorable.

 

Ces trois niveaux ne sont pas séquentiels mais complémentaires : une stratégie efficace de prévention des TMS les combine pour protéger durablement la santé de tous.

Comment mettre en place une démarche structurée de prévention ?

Pour prévenir durablement les TMS, l’INRS propose une démarche structurée en quatre étapes pour bâtir un véritable programme de prévention. Cette approche transforme l’intention en un plan d’action à la fois concret et mesurable.

Étape 1 : Engagement dans la démarche

Toute prévention efficace commence par un engagement formel de l’équipe dirigeante. Cette première phase structure le projet et mobilise les ressources nécessaires.

  1. Affirmer la volonté de l’employeur et des instances représentatives
  2. Créer un groupe de travail pluridisciplinaire (direction, salariés, préventeurs)
  3. Définir le périmètre du programme et les objectifs visés
  4. Communiquer sur la démarche auprès de l’ensemble du personnel.

Étape 2 : État des lieux

Cette évaluation initiale permet d’objectiver la situation et d’identifier les priorités. Elle combine données chiffrées et perceptions terrain.

  1. Analyser les indicateurs existants (absentéisme, accidents, plaintes)
  2. Réaliser un questionnaire TMS pour recueillir le ressenti des salariés
  3. Identifier les secteurs et postes les plus exposés
  4. Consigner les risques dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).

Étape 3 : Analyse approfondie

L’analyse précise des situations de travail permet de comprendre les mécanismes réels d’apparition des TMS. C’est le lien entre le diagnostic et les solutions.

  1. Évaluer postures et gestes en situation réelle de travail
  2. Observer les contraintes biomécaniques, organisationnelles et psychosociales
  3. Identifier les facteurs de risque spécifiques à chaque poste
  4. Recueillir les bonnes pratiques et conseils des opérateurs expérimentés.

Étape 4 : Transformation des situations de travail

Cette phase concrétise la démarche par des actions tangibles d’aménagement et d’amélioration. Elle associe solutions techniques, organisationnelles et humaines.

  1. Mettre en place des solutions ergonomiques adaptées aux contraintes identifiées
  2. Réorganiser le travail (rotation, pauses, cadences)
  3. Déployer la formation et sensibilisation à tous les niveaux de l’entreprise
  4. Assurer la mise à jour régulière du DUERP et le suivi des mesures.

 

Cette démarche ne s’arrête jamais : l’évaluation continue et l’ajustement des actions garantissent en effet une prévention durable des TMS en entreprise.

FAQ

Quels sont les TMS les plus fréquents en entreprise ?

Les lombalgies (bas du dos) sont les TMS les plus déclarés, suivies des TMS de l’épaule au niveau du membre supérieur. Le syndrome du canal carpien, les tendinopathies de la coiffe des rotateurs et l’épicondylite font également partie des pathologies les plus fréquemment diagnostiquées en milieu professionnel.

Comment savoir si l’entreprise est exposée aux risques de TMS ?

Analyser les indicateurs internes (absentéisme, plaintes de douleurs, arrêts maladie) et réaliser un questionnaire auprès des salariés pour identifier les postes à risque. L’évaluation des risques formalisée dans le DUERP permet également de cartographier précisément l’exposition de l’entreprise.

Quelle est la différence entre prévention des TMS et ergonomie au travail ?

L’ergonomie est un des leviers d’action de la prévention des TMS aux côtés de l’organisation du travail, de la formation et du management. La prévention des TMS est donc une démarche globale qui mobilise l’ergonomie comme outil parmi d’autres pour protéger durablement la santé des salariés.​

Un diagnostic TMS est-il obligatoire en entreprise ?

Le diagnostic TMS en tant que tel n’est pas une obligation légale spécifique, mais le Code du travail impose à tout employeur d’évaluer l’ensemble des risques professionnels, TMS inclus, et de les consigner dans le Document Unique (DUERP). Cette évaluation constitue de fait un diagnostic des risques TMS.

OFFRE DE L'ETE

20% de remise
ou
20% de produits en plus
avec le code OPTIMEO

sur le stock existant
(hors personnalisation)

Valable pour toute commande passée avant le 31/08

Achat à l'unité

Pour acheter nos produits à l’unité, rendez-vous sur le site de notre partenaire distributeur Fiducial Office Solutions.