Table des matières
En résumé :
- Une cervicalgie reste principalement localisée au niveau du cou. Une douleur qui descend vers l’épaule ou le bras peut en revanche correspondre à une névralgie cervicobrachiale.
- La posture de travail peut favoriser les TMS du cou, mais elle ne permet pas à elle seule de déterminer la cause d’une pathologie.
- L’INRS recommande de rompre régulièrement la posture assise et de prévoir des pauses actives idéalement toutes les 30 minutes.
- Le réglage de l’écran, l’utilisation adaptée d’un ordinateur portable et la variation des tâches sont des leviers simples pour limiter les TMS du cou.
- Certains symptômes doivent conduire à consulter rapidement, notamment une douleur irradiant dans un bras, des fourmillements, une maladresse de la main ou une douleur qui réveille la nuit.
Quels TMS du cou peuvent être associés au travail sur écran ?
Plusieurs situations peuvent expliquer un mal de cou au bureau. Elles ne doivent pas être confondues, car leurs symptômes et leur prise en charge peuvent être différents.
| Situation ou pathologie | Ce qu’elle signifie | Ce que le travail sur écran peut faire |
|---|---|---|
| Cervicalgie | Douleur située à l’arrière du cou, parfois accompagnée d’une gêne dans les mouvements | Une posture statique prolongée peut favoriser ou majorer les symptômes |
| Torticolis | Douleur cervicale aiguë avec limitation des mouvements et contracture | Une mauvaise position ou un mouvement brusque peut contribuer à son apparition |
| Névralgie cervicobrachiale | Douleur qui part du cou et descend vers l’épaule et le bras, généralement d’un seul côté | Certaines postures peuvent majorer les contraintes, mais la cause est nerveuse et doit être recherchée |
| Névralgie d’Arnold | Douleur partant du haut du cou vers l’arrière du crâne, parfois sous forme de brûlures ou de décharges électriques | Les mouvements et positions du cou peuvent déclencher ou majorer les symptômes, sans que le travail sur écran soit nécessairement la cause |
| Arthrose cervicale | Atteinte dégénérative des articulations cervicales, plus fréquente avec l’âge | Le poste de travail peut contribuer à l’inconfort, mais ne constitue pas à lui seul la cause de l’arthrose |
Une névralgie cervicobrachiale correspond à une irritation d’une racine nerveuse, le plus souvent liée à de l’arthrose cervicale ou, plus rarement, à une hernie discale. La névralgie d’Arnold se manifeste plutôt par une douleur partant du haut du cou et irradiant vers l’occiput.
La localisation de la douleur donne un premier repère (la cervicalgie touche surtout l’arrière du cou, la névralgie cervicobrachiale descend vers l’épaule et le bras avec parfois des fourmillements, la névralgie d’Arnold remonte vers l’arrière du crâne en décharges électriques), mais ces signes ne remplacent pas un examen médical : le diagnostic relève d’un professionnel de santé.
Pourquoi le travail sur écran sollicite-t-il la nuque, et comment corriger ?
Le travail sur écran implique souvent de rester longtemps dans une même position, avec peu de variation : c’est surtout ce maintien prolongé qui pose problème et augmente le risque de TMS, pas la posture assise en elle-même.
Plusieurs configurations augmentent les contraintes sur le cou, et se corrigent simplement :
| Situation | Effet sur la nuque | Comment corriger |
|---|---|---|
| Écran trop bas (portable posé à plat) | Tête maintenue en flexion prolongée | Support qui rehausse l’écran, clavier et souris externes |
| Écran trop haut | Tête maintenue en extension prolongée | Ajuster à hauteur des yeux, tête droite ou très légèrement fléchie |
| Documents posés à plat, loin de l’écran | Mouvements répétés du regard et de la tête | Porte-document placé près de l’écran |
| Absence de pause | Exposition prolongée aux mêmes contraintes | Pauses actives toutes les 30 minutes (INRS) : se lever, marcher, s’étirer |
| Organisation très statique (saisie, visioconférences enchaînées) | Peu de variation posturale sur la journée | Alterner les tâches, intégrer des moments debout ou en déplacement |
Il n’existe pas de position « parfaite » à tenir toute la journée : l’objectif est une position confortable et suffisamment variable, adaptée à la personne et à son poste. Le réglage doit aussi tenir compte du type d’écran et des éventuels verres progressifs.
Quand faut-il consulter pour une douleur cervicale ?
La plupart des cervicalgies communes évoluent favorablement en quelques jours ou semaines.
Une consultation médicale est recommandée dans les jours qui viennent notamment :
- Si un torticolis dure plus de 8 jours ;
- Si les douleurs du cou reviennent fréquemment sans avoir fait l’objet d’un bilan ;
- Si la douleur descend du cou vers un bras.
Il faut consulter dans la journée en cas de fourmillements ou sensation de lourdeur dans un bras, maladresse d’une main ou difficulté à mobiliser complètement la main ou les doigts, notamment. Une douleur qui réveille la nuit mérite également un avis médical.
En cas de douleur cervicale très brutale accompagnée de fièvre, de maux de tête importants, de vomissements, de frissons ou d’une gêne à la lumière, une évaluation médicale urgente est nécessaire.
Un médecin peut déterminer l’origine de la douleur et décider si un traitement, une rééducation ou des examens complémentaires sont nécessaires.
Le mal de cou au travail est-il une maladie professionnelle ?
Les principales pathologies cervicales ne figurent pas dans un tableau spécifique de maladies professionnelles comparable au tableau n° 57 des affections périarticulaires. Le tableau n° 57 concerne notamment certaines affections de l’épaule, du coude, du poignet et de la main, mais ne constitue pas un tableau dédié aux cervicalgies.
Cela ne signifie pas qu’une affection cervicale ne peut jamais être reconnue comme d’origine professionnelle.
Lorsqu’une maladie n’apparaît dans aucun tableau, une reconnaissance peut être envisagée dans le cadre de la procédure dite hors tableau, sous les conditions prévues par le Code de la sécurité sociale. Pour une maladie non désignée dans un tableau, l’Assurance Maladie indique notamment qu’il faut établir qu’elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel et qu’elle entraîne une incapacité permanente d’au moins 25 % ou le décès ; le dossier est alors examiné par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
La reconnaissance d’une maladie professionnelle est une procédure individuelle : elle ne peut pas être déduite du seul fait que les douleurs apparaissent pendant les heures de travail.
FAQ
Pourquoi ai-je mal au cou après avoir travaillé sur ordinateur ?
Plusieurs facteurs peuvent intervenir : posture prolongée, manque de variation des positions, écran mal réglé, fatigue musculaire ou cause médicale indépendante du poste de travail. Une douleur apparue pendant ou après le travail sur écran ne permet pas, à elle seule, d’identifier sa cause.
Quelle est la différence entre cervicalgie et névralgie cervicobrachiale ?
La cervicalgie correspond principalement à une douleur située dans le cou. La névralgie cervicobrachiale se caractérise par une douleur qui descend du cou vers l’épaule et le bras, généralement d’un seul côté, en lien avec l’irritation d’une racine nerveuse.
Un ordinateur portable peut-il favoriser les TMS du cou ?
Son écran étant solidaire du clavier, un ordinateur portable utilisé posé à plat conduit souvent à regarder vers le bas. Un support d’écran associé à un clavier et une souris externes permet de mieux adapter le poste.
Quelle hauteur d'écran pour prévenir les TMS du cou ?
Le réglage recherché est une position permettant de garder la tête droite ou très légèrement fléchie, sans avoir à relever ou abaisser constamment le menton pour regarder l’écran.
Sources
INRS – Travail sur écran : prévention des risques
Assurance Maladie – Cervicalgie (douleur du cou) : causes et symptômes
Assurance Maladie – Douleur du cou, torticolis : que faire et quand consulter ? Assurance Maladie – Maladie professionnelle : reconnaissance hors tableau et rôle du CRRMP


